dimanche 26 février 2023
lundi 8 août 2022
LE
COÛT DE LA VIE (DANS UNE DES VILLES LES PLUS CHERES DU MONDE).
Une personne seule peut correctement vivre à Genève avec 3000 CHF par mois.
Loyer possible 1000 CHF (voir sur illustration. Une autre annonce, 1 deux pièces sur Gaillard(F): 950 CHF) ,
Bouffe mensuelle 300 CHF (un plat de pâtes, 1 tomate, 1 oignon, condiments, huile : coût total 1,50 CHF). Ajout de thon ou sardine : 1,50 CHF.
Ce plat ou une variante 2 fois par jour, 10 jours sur 30, il reste 240 CHF pour les autres jours pour respecter le budget choisi!
Habits : 100 CHF mensuels. Ou moins, en passant par les friperies, les puces, les soldes.
Hygiène, lavage, soins basiques (aspirines, etc…) 50 CHF mensuels ?
Lectures : quotidiens gratuits, boîtes à livres, bibliothèques. 0 CHF
Internet : (on est déjà dans le luxe) : 25 CHF par mois ?
Téléphone portable : 25 CHF (500 CHF tous les 2 ans ?)
Transports en commun: 35 CHF par mois
Assurances et impôts divers : ?
Sans la dernière ligne on est à 1535 CHF par mois. Il doit bien rester 900 CHF ou plus pour les loisirs payants et les frais médicaux.
Dans ce calcul, la cigarette et l’alcool sont à bannir, mais bon : chacun fait comme il veut.
Je connais 1 personne en tout cas qui prétend vivre avec le minimum : elle paie 200 CHF par mois pour un garde-meubles dans une ville où elle n’aura vraisemblablement pas la possibilité de se rendre (manque de moyen et mobilité compromise), fume plus d’un paquet de cigarettes par jour et boit en tout cas une bouteille de vin aussi par jour. Elle commande aussi des plats tout prêts (plats assez chers + 20 CHF de livraison, il me semble) Mais elle n’a pas d’argent pour se soigner.
D’autres font des enfants alors qu’ils n’en ont pas les moyens.
Une bonne raison de faire le calcul de vie ci-dessus est la suivante : Si vous avez 65 ans, que vous recevrez 2500 CHF par mois d’AVS (ass. Vieillesse), c’est tout-à-fait suffisant pour vivre correctement.
Admettons maintenant que vous avez réussi à économiser pendant votre vie active ou que vous avez hérité et pas tout dépensé, un pactole de 350.000 CHF par exemple.
Celui-ci, à raison de 20 ans de vie autonome estimés (jusqu’à 85 ans), vous avez donc 1500 CHF mensuels disponibles en plus de votre Retraite. Au-delà de 85 ans (par exemple), vous serez soit pris en charge par les services sociaux ou pourrez prétendre à un séjour en EMS (maison de retraite).
Vous aurez donc un revenu de 4000 CHF au total avec une AVS à 2500 CHF + le 2è pilier et peut-être un 3ème. De nouveau tout-à-fait respectable.
J’ai fait ce genre de calcul dès que j’ai eu 45 ans, et ai découvert que si j’étais parti à la retraite dès ce moment-là (en 2005), j’aurais pu vivre grâce aux bénéfices du magasin que j'avais alors accumulés. Malheureusement, j’ai presque tout perdu entre 2003 et 2015.
C’est con, non ?
Un ami arguait récemment qu’il n’avait pas assez pour partir en retraite, et je lui ai sorti mon calcul, sans même lui proposer de s’exiler au Portugal ou en Espagne (moins chers) ce que font beaucoup de Suisse. Il était tout abasourdi.
Pour les non-suisses, faites votre propre calcul suivant les paramètres que j’ai indiqués. Ca vaut le coup d’y passer une heure ou deux.
Une infirmière portugaise de l’hôpital a acheté un terrain dans une station balnéaire, et y a fait construire des bungalows qu’elle loue aux touristes avec son mari qui réside déjà là-bas.
Esprit d’entreprise admirable, non ?
Dans ce même pays, j’ai croisé un retraité qui vivait à l’année dans un van aménagé avec son chien. Il voyageait un peu partout en Europe, dans le sud en hiver et plus au nord en été.
Ca m’a tenté.
Mais j’ai un chat en plus du chien, alors non.
vendredi 5 août 2022
LA POUPEE QUI DIT OUI.
J’ai fait un rêve.
Je suis super beau et jeune, je suis pété de fric, je dors dans une chambre de
palace. A l’étage supérieur, une jeune femme a corps de rêve se prélasse elle
aussi dans un grand lit où je vais la rejoindre bientôt… Je me réveille
graduellement. Dans un demi-sommeil, je me dis que ce rêve de Bogoss est à ma porté et
ça me remplit d’extase.
En émergeant un peu plus, je me rappelle que j’ai 63 ans. Ma libido n’est plus
ce qu’elle était. Et puis, j’ai eu une maison en Drôme Provençale : je l’ai
revendue parce que sa gestion me pesait et je n’avais plus beaucoup de plaisir
à m’y rendre. De plus, j’y ai invité des amis et ça ne s’est pas très bien
passé.
Je ne suis pas très séduisant et je ne pense pas non plus été un amant très
talentueux. Je n’ai jamais apprécié les « coups » d’un soir. Encore
moins les professionnelles. Ah, le mythe de la « Pretty Woman », il a
bon dos !
Quant
aux articles de luxe, c’est une chose qui ne m’a jamais intéressée.
J’ai eu une « belle bagnole » une fois, et en ai ressenti un plaisir
très limité et très vite épuisé.
Au fur et à mesure que mon rêve se dissipe, il me parait de plus en
plus étranger. Ce n’était pas mon univers.
Et là, la sensation de plaisir n’en devient que plus grande.
La morale, c’est que j’ai construit qui je suis aujourd’hui. J’ai accédé à une
forme tout-à-fait acceptable de bonheur.
J’ai tenu une librairie pendant 33 ans qui a vraisemblablement apporté du
plaisir à une grande quantité de clients et souvent à leurs enfants.
Je vis à présent à la campagne dans une modeste maison avec jardin, que je loue,
avec responsabilités limitées et quasi aucun tracas. Moins que le minimum
syndical.
Je me lève et me couche quand je veux, je fais des siestes autant que je veux :
j’en ai besoin, mais je m’y suis résigné.
J’écris, je peins, je lis, je fais des longues promenades zen. J'ai une chienne
que j’aime et qui m’aime sans doute, et une chatte qui ronronne quand je la
caresse.
Pour la libido, j’ai perpétué un système qui m’a très bien servi jusqu’ici :
je fantasme et je regarde des vidéos porno.
Il y a deux ans, j’ai croisé une jeune femme dans le bus qui m’a complètement « retourné ».
On a discuté pendant 10 minutes pas plus et, avec le peu d’info que j’ai pu glaner,
j’ai réussi à la retrouver sur FB (elle avait un prénom super pas commun) mais
elle n’a pas répondu à mon invitation au contact.
Elle a dû croire que j’étais un vieux pervers : elle avait 26 ans. Et si
je le suis ? Qu’importe. Je suis inoffensif. J’en suis convaincu, en tout
cas.
J’ai pensé à elle, rêvé d’elle, espéré d’elle pendant des semaines.
Plus près de nous, j’ai flashé sur une chanteuse norvégienne de 23 ans, Sigrid.
Pendant des mois, j’ai écouté ses chansons, regardé ses clips : quel
bonheur, quelle jouissance !
En février dernier, j’ai eu l’occasion incroyable de la voir en concert à
Lausanne. Avant de m’y rendre, la fonction « Fantasme » a tourné à
plein régime.
J’ai imaginé qu’en plein show je ferai un malaise. On m’évacuait dans sa loge
et, après le concert, elle venait prendre de mes nouvelles, elle me tenait la
main, et je lui avouais tout et elle en était émue.
Ridicule ? Sans doute. Mais ce fantasme est encore présent en moi et il me
suffit de l’évoquer, comme ici, et le plaisir resurgit.
En vrai, je n’ai pas perdu connaissance, et le concert a parfaitement répondu à
mes attentes. Sigrid for ever ! :D
Il y a des années, j’ai réussi à me convaincre que j’en avais croisé une chez Manor !
Rentré à la maison, j’ai vérifié, et ce n’était pas elle. Mais pas du tout, hein ! :D
Dans plein de domaines, projets de voyages, apprendre à voler, gastronomie, reprise d’une carrière, je me nourris de fantasmes, au point que je considère que je n’ai plus besoin de réaliser de rêves dans la réalité.
Steven Spielberg a expliqué son interprétation du film « A.I. ». Ce n’est pas la relation d’amour d’une mère pour son fils qui prime, mais l’onde d’amour qui transite de l’un à l’autre. La différence est subtile, mais je vis tous les jours avec ce principe métaphysique.
J’aime des rêves et ceux-ci me le rendent bien.
Sigrid n'attend que moi.
mercredi 20 avril 2022
Les mots ou expressions sympa, compliqués, désuets, etc.... (2ème partie)
J'ai décidé cette fois-ci de m'en tenir à un thème.
Ahura Mazda (du vieux-perse 𐏈 𐏉 / Auramazdâ (« Seigneur de la Sagesse ») en persan اهورامزدا) est la divinité centrale de l'ancienne religion mazdéenne. Religion
eschatologie Étude des fins dernières de l'homme et du monde. Religion
orthopraxie nf. Désigne ce qui est en conformité avec les rites prescrits. Désigne une action, un geste accompli avec justesse selon le droite et la justice. Religion
pace Prison fort rigoureuse, où les moines mettaient autrefois ceux d'entre eux qui avaient commis quelque grande faute. On dit "in pace". (?) Religion
Salafisme mouvement religieux de l'islam sunnite, revendiquant un retour aux pratiques en vigueur dans la communauté musulmane à l'époque du prophète Mahomet et de ses premiers disciples — connus comme les « pieux ancêtres » — et la « rééducation morale » de la communauté musulmane. Religion
wahhabisme nm, courant islamique qui veut revenir aux sources de l'islam, c'est-à-dire qui veut que les musulmans vivent comme les musulmans vivaient au 1er siècle de l'islam. Religion
Discordianisme le Discordianisme fut conçu comme une religion parodique. Beaucoup
d’observateurs extérieurs considèrent encore le Discordianisme comme tel, même si certains de ces
adhérents peuvent le voir comme une religion légitime, ou comme une métaphore de concept
philosophique Religion
Mercerisme une religion où l'individu cherche à ressentir la « Passion » d'un nouveau Christ, appelé
Mercer, par le biais d'un appareil appelé boîte à empathie. Lorsqu'on y est connecté, l'on ressent
violemment, jusqu'à en être physiquement affecté, le chemin de croix de Mercer, brutalisé et lapidé.
Religion fictive
guèbres adeptes de Zoroastre au XVIIIè Religion
hyéronymite L’Ordre de Saint-Jérôme (en latin Ordo Sancti Hieronymi) est un ordre monastique
de droit pontifical fondé en référence à saint Jérôme sous la règle de saint Augustin. C'est un ordre
religieux lié principalement à l'Espagne et partiellement présent au Portugal. Religion
Mazdéisme une religion de la Perse antique qui doit son nom à son dieu principal, Ahura Mazda.
Le livre sacré du mazdéisme est l'Avesta. Le mazdéisme a été la religion officielle des empires perses
mède, achéménide, parthe et sassanide. Il s'articule autour de l'opposition entre Ahoura Mazdâ,
« Le seigneur Sage », et les démons, dont Angra Manyou, « L'Inspirateur Maléfique », est le chef.
C'est cette opposition dualiste qui fonde la cosmologie, l'activité rituelle et la fonction royale1. Religion
profès vœux religieux sont l'engagement public par lequel un homme ou une femme promet de suivre
les préceptes d'une religion. Un jeune profès. Une jeune professe. Religion
Zerdust En kurde moderne, le nom de Zoroastre prend la forme de Zerdüşt ou Zerdeşt. Religion
lundi 18 avril 2022
Les mots ou expressions sympa, compliqués, désuets, etc....
J'ai commencé à établir une liste de mots sympas, compliqués (etc...) avec leur définition et une catégorie à laquelle ils se rattachent (Médecine, Animaux, Langues, etc...). J'en ai catalogué plus de 1000 jusqu'à présent. En voici une première livrée.
Acouet nm. L'énergie, le dynamisme. Dis-voir, tu n'as pas tant d'acouet ce matin, t'as encore fait la bringue hier soir ? Vaudois
alguazil nm. « policier » de l'arène pendant la corrida, diminutif de l'espagnol alguacil, officier de justice. Profession
Aliboron nm. sot qui croit tout connaître Insulte
amblypyge nm. un ordre d'arthropodes de la classe des arachnides. Animaux
Anacoluthe nf. Figure de style, Rupture ou discontinuité dans la construction d'une phrase. Langage
Archimandrite nm. dans les Églises de rite byzantin et notamment l'Église orthodoxe, un titre honorifique accordé aux higoumènes (supérieurs de monastère) ou aux recteurs (curés) de paroisses importantes. grade religieux
arsenocoque nm. homme qui partage son lit avec d'autres hommes Sexualité
Barjaquer verbe. Connotation plutôt féminine du bavardage. Vaudois
Bokononisme nm. religion du prophète sanlorenzien Bokonon (Lionel Boyd Johnson) dans le roman Le Berceau du chat de Kurt Vonnegut Jr., publié en 1963. Religion
branler au manche Verbe. Quelqu'un dont la place est instable. Vaudois
Deutéronome nm. cinquième livre de la Bible hébraïque ou Ancien Testament et dernier de la Torah (le Pentateuque chrétien) ou comme le premier livre de l'historiographie deutéronomiste. Livre
Folliculaire Mauvais journaliste Ecrivain
foutriquet nm. personne insignifiante insulte
glomérule nm. Botanique:Inflorescence composée d'un ensemble dense de fleurs sessiles. Anatomie: Amas vasculaire, glandulaire ou nerveux. Anatomie
Idiophone nm. instrument de musique de la famille des percussions dont le son est produit par le matériau de l'instrument lui-même, lors d'un impact produit soit par un accessoire extérieur (comme une baguette), soit par une autre partie de l'instrument (comme des graines sur un filet qui l'entoure ou des battants de cloche). Le son une fois émis dans cet instrument auto-résonnant s'entretient lui-même pendant un certain temps. Musique
méconium nm Matière pâteuse brunâtre accumulée dans l'intestin du fœtus et qui constituera les premières selles du nouveau-né. Médecine
métempsychose nf. Doctrine selon laquelle une même âme peut animer successivement plusieurs corps (humains ou animaux). Philosophie
Oumuamua Nom propre. premier objet stellaire qui a été détecté pour avoir traversé le système solaire. Cosmos
Ourobouros nm. est un dessin ou un objet représentant un serpent ou un dragon qui se mord la queue. Il s'agit d'un mot grec ancien Objet, dessin
polycérate nm. animal avec plus de deux cornes. Animal
satrape nm. protecteur du pouvoir (royaume), gouverneur d'une satrapie, c'est-à-dire une division administrative de l'empire achéménide (Perse), du royaume de Macédoine et de l'empire séleucide. Il est le représentant direct du roi dans une province, où il exerce toutes les prérogatives royales1. Personne
Zoroastre Nom propre. Aussi Zarathushtra ou Zarathoustra ou Zerdest est un « prophète », fondateur du zoroastrisme. Religion.
vendredi 4 mars 2022
Note au lecteur: ce texte a été rédigé avant "Michel & Tom Tirabosco: Dessine-moi un concert." Il en éclaire certains aspects.
LES GRANDES
ETAPES DE LA VIE
Entre la naissance et 18-20 ans en gros, nous subissons le phénomène du
développement physique et intellectuel accéléré. Nous emmagasinons toutes les
connaissances de base, à travers l’éducation, les écoles, l’université, les
apprentissages… Nous sommes aussi en général matériellement passifs : nous
vivons sous la protection et la dépendance de notre famille.
Puis le processus de croissance s’interrompt.
Nous sommes à ce stade au maximum de nos capacités sexuelles, physiques et
intellectuelles.
Nous faisons nos premières expériences sentimentales et
émotionnelles intenses à partir de 13-14 ans, et elles vont ensuite se
poursuivre jusqu’à un point de saturation et finalement de lassitude, et la place qu'elles occupent dans nos existences se réduit.
J'en conclus que la maturation se fait à travers la capacité de l’adulte
à graduellement mieux maitriser ses émotions, et aussi à en relativiser leur
importance par leurs répétitions.
Il en va de même pour les élans amoureux que pour la détresse face à la perte
d’êtres chers : avec le temps et la répétition de ces expériences, on s’y fait, on accepte et dans certains cas au moins, on
apprend à en voir les bons côtés.
Deux exemples frappants pour moi : vers 30 ans, ma grand-mère maternelle,
Helen de Lustrac, alors très âgée, est décédée.
A cette occasion, j’ai réfléchi pour la première fois à l’impact de la disparition d’un être plus
ou moins proche sur son entourage.
J’ai très vite pensé que sa disparition allait générer une nouvelle
réalité, une réalité sans Helen de Lustrac.
Il était tout-à-fait probable que celle-ci en serait enrichie.
Et, effectivement, dans les mois qui ont suivi, certaines choses ont changé dans la
famille.
Quelques mois après le décès de ma grand-mère est survenu un drame qui allait m’affecter beaucoup plus profondément et durablement.
Une femme que j’avais beaucoup aimée, Anita, a eu un accident qui lui a laissé des séquelles au cerveau et l'a rendue totalement aveugle.
Elle n’était déjà plus à cette époque « mon Anita », elle en avait même épousé un autre. Mais cet évènement m’a profondément et durablement bouleversé.
J’étais inconsolable.
Elle n’était pas décédée, et elle s’est à la longue plutôt bien adaptée à ses handicaps, mais ce n’était plus vraiment celle que j’avais connue et aimée auparavant.
J’ai eu beaucoup de mal à appliquer ma philosophie de la Nouvelle Réalité sur ce drame, mais celle-ci s'est graduellement imposée, forgeant l'individu que je suis à présent.
J'ai par exemple décidé que plus jamais je ne succomberai aussi absolument à un sentiment amoureux, car perdre l’être aimé était vraiment trop douloureux.
J'ai donc moins aimé.
Et puis, le temps a passé, j’ai aussi vieilli, mes hormones me stimulant moins.
Le spectre de la demi-perte d’Anita ne m’a pas quitté.
J’ai recommencé à la fréquenter, mais comme ami et soutien plutôt que comme amant.
Cette situation a aussi, je pense, compliqué mon deuil sentimental.
J’ai surtout vieilli.
Par la suite, j’ai eu plusieurs autres « conquêtes », mais jamais pleinement satisfaisantes, jamais à la hauteur de mes attentes.
Et à chaque nouvelle fois, je me décourageais un peu plus, jusqu’à ce que je décide « plus jamais ».
J’ai maintenant 62 ans, je n’ai plus eu d’autres histoires intimes depuis plus de 17 ans, pas eu d’enfants, jamais été marié.
Ces éléments font qui je suis aujourd’hui, plutôt que la personne que j’ai fantasmée être quand j’avais 15 ans.
Je revisite souvent cet ado avec beaucoup de nostalgie, mais ce n’est que de la nostalgie. Une petite larme, un accès de chaleur, et puis je reviens à la réalité.
Une réalité en demi-teinte aussi parce que je n’ai clairement plus les mêmes capacités intellectuelles ou physiques que lorsque j’avais 25-30 ans.
Je fatigue dès que je dois faire des opérations mathématiques un peu complexes, prévoir des programmes à plusieurs composantes, faire plus que deux ou trois choses importantes dans la journée et je ne sors presque plus le soir.
Si j’ai un message à donner aux plus jeunes générations, il est très clair : vous avez toutes vos capacités : 2 bras, 2 jambes, tous vos sens, un cerveau qui carbure, profitez-en et exploitez-les au maximum. Entretenez-les aussi avec une bonne hygiène de vie.
Et si vous avez moins de 30 ans, hâtez-vous ! La vie n’attend pas. Vous allez certainement ressentir bientôt les premières caresses de la Nuit, et vous aurez beau faire du jogging, des exercices intellectuels, vous ménager ou prendre du Viagra, vous ne pourrez rien empêcher.
La Nuit tombe vite.
En Septembre 2015, je découvre la peinture acrylique. Celle-ci date de Janvier 2016.
jeudi 3 mars 2022
Michel & Tom Tirabosco: Dessine-moi un concert.
Pour la 1ère fois depuis des mois… depuis plus de deux ans, je suis
allé au spectacle !
Ma première motivation était de voir Michel Tirabosco jouer de la flûte avec son frère Tom au dessin sur scène, encore
plus motivé par la proximité de l’évènement : la Salle des Fêtes de Thônex.
Une demi-heure à peine à pied de chez moi, un peu moins si je parvenais à
prendre le bus 34, de passage toutes les 30 minutes.
Mais juste avant de partir, catastrophe ! Ce n’est pas à Thônex que ça se
passe, mais à Onex, à l’autre bout du canton !!!
C’est juste trop tard pour le bus, j’appelle donc un taxi, et j’y devrais y
être avec au moins 15 mn d’avance.
Seulement, le taxi n’arrive pas, où à une heure où j’aurai presque forcément du
retard.
Mais, miracle, j’y arrive, même si je suis mal placé. Je suis assis tout
derrière, et avec ma myopie, je me fatigue vite à essayer de déchiffrer les
dessins. Mais j’y arrive.
C’était objectivement très très bien : Michel, accompagné d’un sextet,
joue divinement, ses musiciens aussi assurent à merveille et les dessins de Tom
qui apparaissent graduellement sur un écran pendant les morceaux, c’est
magique.
Mais voilà, entre ma fatigue légendaire à assister à des spectacles (j’avais tellement
oublié), le son un peu trop fort à mon goût et les maudits applaudissements, je
suis assez rapidement passé en mode critique.
Premier morceau : « The Piano » de Michael Nyman (non crédité)
et après coup, Michel l’annonce comme « La Pianiste » ! Mais
non, bordel ! :D (En français, le film s'appelle "La Leçon de Piano:)
Mais surtout, dès les premières notes, Tom nous gratifie…d’une réinterprétation
d’une image du film (je viens de vérifier). Donc, il n’improvise pas sur la
musique et pas ne compose pas forcément un dessin original. C’est étudié, préparé, sûrement répété.
Je ne le sais pas à ce moment-là, mais à chaque morceau qui passe, ça se confirme :
il commence à composer son tableau dès les premières notes et surtout…. Il le termine pile à la fin de l’œuvre jouée !
Trop fort :D
Mais bon, personne n’a dit qu’il improvisait : je suis juste un peu déçu
de le constater.
Suivent du Vaughn Williams. du Bartòk et du Rachmaninov (l’un sur un très bel
appel à la paix dessiné avec une sensibilité proche de Chagall), trois compositeurs que j’aime beaucoup, et
surtout une interprétation étonnante du sublime « Gabriel’s Oboe » (sans
haut-bois, héhé…) tiré de « Mission » de Morricone. Le moment le plus
faible de la soirée : « Les Aristochats » de Floyd
Huddleston et Al Rinker (simplement crédité à "Disney" qui n'était pas musicien et déjà mort lors de la production du film; à ce moment, on crédite "Star Wars" à la Fox.). Ont suivis 2 tangos de Carlos Gardel (superbe dessin de clôture !
Je veux ! :D ) et finalement, un air traditionnel italien « Funicula
Funiculi », mais là, j’étais complètement lessivé.
Dans le tram du retour, je me trouvais près de deux couples (+ ou – 25 ans) totalement enthousiastes face au spectacle auquel ils avaient assisté.
Pendant 20 minutes, ils n’ont parlé que de ça. Ils avaient été super émus par
le tout. Un des hommes avait plusieurs fois eu la larme à l’œil. Il y avait une fraîcheur dans leur élan qui me réjouissait.
Mon regard devait être prioritairement posé sur le visage d’une des femmes. Que
dis-je, le visage ! Les yeux et l’ébauche de sa coiffure sur le front,
rien de plus. Le reste était couvert par un maque et un bonnet, comme moi d’ailleurs.
A aucun moment je n’ai eu conscience de mon regard sûrement insistant.
A leur sortie, cet ange est passé tout près de moi, a plongé son regard dans le
mien, et a chuchoté, juste pour moi, juste pour moi : « Au revoir ».
J’ai à peine pris acte de l’intensité de ce message. J’étais loin loin, en mode
coma.
Mais une main dans mon esprit a saisi ce message et l’a fixé sur une paroi de
ma conscience, avec une note : « Pour plus tard. »



