mercredi 31 juillet 2024

 

La curiosité n’est pas un défaut.


« Le principal fléau de l’humanité n’est pas l’ignorance mais le refus de savoir. » Simone de Beauvoir.

Je l'ai souvent constaté, et encore tout récemment.

J'ai mentionné à un ami retraité un livre que j'avais lu. Il m'a très vite coupé: "Moi, je ne lis jamais." Donc non seulement il refuse de s'instruire en lisant, mais il ne voulait pas savoir ce que j'avais appris.

Ailleurs, une amie à qui je conviais avoir une fois assisté à un concert dont le programme était :

«  « Psycho » de Bernard Herrmann ((musique de film)) suivi de la 5ème Symphonie de Gustav Mahler »

m’a tout-de-suite interrompu : « Mais… pourquoi ? » (..de la musique classique et de film ensembles ?).

J’ai direct pu lui balancer deux arguments que je trouvais excellents :

1° La Musique de Films est parfois d’une qualité équivalente des meilleurs œuvres de Musique Classique si respectables soient-elles, et
2° dans le cas de la « 5ème » de Mahler, celle-ci a été parait-il largement été redécouverte grâce à un film (et son compositeur avec) : « Mort à Venise » de Visconti. Donc, pendant plus des deux heures que dure le film, cette musique était devenue, dans l’esprit des spectateurs, une musique de film.

Dans l’enthousiasme du moment, j’ai proposé à cette amie de lui prêter le CD de « Psycho » et deux autres : « Koyanisqaatsi » de Phillip Glass, et « Fahrenheit 451 » de B. Herrmann.

Deux semaines plus tard, je les lui ai repris : elle n’en avait écouté aucun, malgré qui j’y ai refait allusion une fois entretemps.

Elle ne comprenait pas non plus pourquoi je trouvais intéressant d’écouter TOUTES les œuvres d’un compositeur, comme ça a été le cas pour Herrmann.

« Il suffit d’écouter ce qu’on n’a envie d’écouter. »

Là, j’ai contré que ça pouvait être enrichissant de replacer une œuvre dans un contexte d’évolution créative, et dans le cas de Herrmann, sa première musique pour « Citizen Kane » (1942) est stylistiquement très différente de sa dernière pour « Taxi Driver » (1975). Les deux époques sont déjà très différentes, leur contexte narratif aussi. Et Herrmann (spécialement dans les dernières années) ne compose plus pareil, et ne « sonne » plus pareil qu’à ses débuts.

Il y a des années, je mangeais souvent avec un client un peu plus âgé que moi et qui semblait avoir des goûts culinaires assez étroits. Il n’avait par exemple jamais mangé chinois !
Une autre fois, je lui propose d’aller manger un fallafel : il n’avait aucune idée de ce que c’était.
Ça parait particulièrement inexcusable car, quoi, le fallafel, ça sent déjà très fort depuis la rue, et c’est assez irrésistible pour la plupart des individus.
Au moment de commencer (sur assiette) il prend connaissance de la sauce blanche et de la sauce rouge chacune dans leur récipient et, sans me consulter, verse TOUTE la sauce rouge sur son fallafel.
Comme, personnellement, je la trouve trop épicée, je ne m‘offusque pas, et me rabats sur la blanche.
A la première bouchée, il s’étrangle ! :D
Il a dû penser que c’était du ketchup.
La curiosité mal dosée, ça existe aussi.

Je suis convaincu que nous avons à peu près tous le même cerveau, mais j’ai déjà pu constater que c’était inexact. Par exemple, malgré toute la curiosité dont je crois être capable, il y a des domaines qui me résistent. Les maths, la physique et l’informatique déjà. Parfois la philosophie, dans un genre plus littéraire. Aristote, Nietzsche et Montaigne, je n’y arrive pas.
J’ai beau lire un texte de vulgarisation physique, très vite, je décroche. Et même si je reprends patiemment, même mot-à-mot, la lecture, il y a toujours un point où je cale.

On est certainement pénalisé lorsqu’on travaille de longues heures en effectuant un travail abrutissant.
Peut-être aussi lorsqu’on acquiert des habitudes toxiques : fumer, boire, manger gras et se vautrer devant n’importe quel programme TV.

Je sais que j’ai d’autres exemples de manque de curiosité qui pour moi, est un indice de bêtise. J’y reviendrais.

Soyez curieux.


"Mort à Venise" de Luchino Visconti. 1971

lundi 18 mars 2024

LE MEILLEUR CONCERT DE MUSIQUES DE FILMS !


J’ai assisté le samedi 27 Mars 2024 au meilleur concert de Musiques de Films de toute mon existence, « The Fantastic Worlds of Elmer Bernstein »
Ou, en étant raisonnable, un des meilleurs, car soyons honnêtes, il comportait QUELQUES faiblesses. Mais des petites choses, presque rien. Mais quand même.

LES PLUS .

Je commence par du lourd.

Toute la programmation était consacrée à un seul compositeur, Elmer Bernstein !
Les seules autres concerts auxquels j'ai assisté avec des sélections d’un compositeur unique étaient de John Williams (4 concerts), Jerry Goldsmith (3 concerts), Michel Legrand, Maurice Jarre et Vladimir Cosma.  Les deux premiers étaient globalement d’une qualité supérieure (Williams au Barbican à Londres dirigeant le London Symphony Orchestra, c'est imbattable) ou globalement égale, et les trois derniers nettement plus faibles, même si dirigés par les compositeurs attitrés.

Dans le cas du présent concert, deux avantages indéniables : Les œuvres sélectionnées appartenaient tous à la même période des années 80, sauf une, « Wild Wild West » (1999) , et toutes aux genres Fantastique et Science-Fiction.
Dans les autres concerts, on sautait vaillamment d'un genre à l'autre et d'un style musical à l'autre.

Donc, ici on est resté stylistiquement dans des univers proches, épiques, angoissants, magiques, avec quelques échappées comédiques, western et...disco (oui). Cette dernière tendance, chez Bernstein comme chez d'autres de la même période, piquait les oreilles. Je m'en serais passé.

Et maintenant, la plus grosse qualité, la plus incroyable, la plus hallucinante.
Tous les concerts auxquels j’ai assistés jusqu’à présent étaient constitués à une écrasante majorité, voire exclusivement, de thèmes de génériques ou sinon de morceaux de… moins de 10 minutes.
Ca provoque une expérience assez pénible sur la durée, où l’on saute sans arrêt d’un genre à l’autre et d’un univers émotionnel à l’autre.
Les cas les plus graves : ceux de Goldsmith comprenaient des compilations de thèmes de séries TV et de films très inintéressants. Faire suivre 30 secondes de "Basic Instinct" par 30 secondes de "Poltergeist" (2 de ses plus belles compositions), c'est vraiment honteux.
Ici, seuls deux morceaux de durées nettement inférieures aux autres : »Spacehunter » (4 :30) et « The American Werewolf in London » (6 :55). Le reste faisait entre 20 et 30 minutes !

On continue dans le lourd : une des musiques me tenait particulièrement à cœur, le film et son univers sonore m’ayant traumatisé dans ma jeunesse. « The American Werewolf… », dont le défaut est que le film contient peu de musique. Selon « Youtube », environ 7 minutes, avec plusieurs redites.  
https://www.youtube.com/watch?v=rWqlPWoY8FU&list=PLZLTKRc6yNiTLxS4Bb3tJ8441JXQiHm8r&index=1

Ici, on nous a gratifié de passages inédits, jamais entendus dans le film, très chargée, très noirs et dramatiques. Peut-être l'étaient-ils trop pour le film qui laissait une large place à la comédie.

Autre moment fort : une longue suite tirée d’un film obscur de 1989, une des toutes meilleurs musiques de Bernstein, du niveau de « Heavy Metal »: "Slipstream".
L’orchestre jouerait-il mon passage favori : « Avatar ». Oui! Allégresse !
https://www.youtube.com/watch?v=EWOG39pGnEQ
Pour l'anecdote, ce long métrage a pour ainsi dire mis fin à la carrière du producteur des deux premiers "Star Wars". Il a essuyé plusieurs échecs commerciaux à la suite et "Slipstream" étant le plus grave, il ne s'en est pas relevé.


PLUS ET MOINS :

Souvent, en concert, la musique est jouée avec projection du film, ou on nous montre des séquences du film pendant l’exécution des morceaux.
Je n’aime pas beaucoup.
Pendant une projection de ce type du « Vertigo » de Hitchcock, je me suis franchement ennuyé dans les passages non musicaux: je n'aime en fait pas trop le film.
Sinon, les images ont le navrant défaut de distraire de la musique. Et donc on commence par s’émerveiller de la qualité du son, puis graduellement on oublie qu’il y a un orchestre et finalement même qu’il y a de la musique. Super frustrant, surtout quand on a payé « bonbon » pour l’expérience.

Pendant le Concert Bernstein, rien de tout ça.
Sur presque tous les morceaux, les formes géométriques qui se promenaient sur le mur derrière l’orchestre avait un effet légèrement hypnotique du plus bel effet.
Et sur « Slipstream », moment fort je vous dis, la surprise :  la salle s’éteint et un « light-show » assez incroyable débute.
Seulement voilà : les faisceaux de lumière projetés étaient à mon avis des lasers, et ils n’ont cessé d’être braqués directement dans nos yeux !
Douleurs dans le crâne et parano m'ont poussé à me couvrir très vite les yeux. Et tant pis pour le show !
https://www.facebook.com/reel/929689611803910


LES MOINS.

Sur le morceau d’ouverture, « SPACEHUNTER », pas d’intro ni explications. Comme je ne le reconnaissais pas la musique (honte), j’étais un petit peu irrité.
Que j’avais tort !
Car une espèce de clown est venu assurer la présentation de chaque morceau suivant. Et c’était long ! Et pas drôle ! Vraiment pénible.
En plus, quelques erreurs, dont une absurde : selon lui, la fin de « American Werewolf… » est un « happy end » où le héros survit et revient à sa forme humaine.
Heu… non ? Elle est en fait super dramatique.
Après le concert, je l’ai croisé : j’aurais pu le frapper. Je suis comme ça.

L’acoustique de la salle m'a paru par très appropriée. Certaines salles favorisent les réverbérations : les cathédrales sont l’exemple le plus extrême. D’autres, comme les studios d’enregistrement, et les salles de cinéma, tiens, tiens, absorbent les sons, neutralisant les écho indésirables.
Et là, au Bâtiment des Forces Motrices, sur les passages très chargés, la majorité, je trouvais que ça avait une tendance à saturer.

Les responsables pourraient prévoir l’accrochage sur les murs et/ou sur le plafond, de mousses absorbantes quand c’est nécessaire. Trop compliqué, trop cher ?


UN PLUS ET UN MOINS EN MÊME TEMPS, MAIS FINALEMENT QUAND MÊME UN PLUS.

Entre deux morceaux, le chef s’est tourné vers nous et a fait la seule déclaration de la soirée.
En substance : « Il y a dans cette salle une personne sans qui ce concert n’aurait jamais eu lieu…. »
J’aurais aimé que ce soit moi…
« Il y a bien longtemps, quand j’avais 14 ans, je me rendais les samedi après-midi… »

Ah ?

« …dans une librairie qui vendait de la Musique de Films… »

Boudieu, mais c’est moi, ça ! Mais comment ?

« … c’était la Librairie du Cinéma. »

C’était pas moi.

(Pour ceux qui ne le sauraient pas, j'ai dirigé une librairie spécialisée pendant 33 ans, le "Paradoxe Perdu" où je vendais comme "la Librairie du Cinéma" des musiques de films.)

Il a ensuite expliqué comment ce librairie l’avait patiemment guidé et lui conseillé les meilleures musiques.

Il a invité l’homme en question sur scène, l’a enlacé et… lui a remis un Oscar du Meilleur Libraire !
Une réplique en plastique évidemment mais c’est l’intention qui compte, le geste !
J’étais finalement très ému, parce que, ça aurait pu être moi; j’ai tenu un rôle similaire avec certains de mes clients, pour la musique et dans d'autres domaines !

ET UN GRAND MERCI

Pour ne pas terminer en demi-teinte, je réitère combien cette soirée m’a comblé.
L’orchestre et son chef Thierry Besançon se sont largement montrés à la hauteur.
A bientôt pour le prochain spectacle !

https://bande-son.ch/concert/the-fantastic-worlds-of-elmer-bernstein/

 


mercredi 13 mars 2024

 

QUELLE FUT LA PREMIERE: LA BANANE OU LA TOMATE?

… ou plus exactement, quelle fut le premier de ces fruits à être introduit en Europe et quand ?
La réponse risque de vous surprendre si vous ne la connaissez pas déjà.

Pour ma part, j’aurais répondu la tomate sans hésiter. Déjà parce que je savais que la tomate a été importée en Europe depuis fort longtemps, au 16ème siècle et que ce fruit a une forte tolérance en matière de températures.

Hé bien pas du tout!
Les premières bananes arrivent en Europe au milieu du 15è siècle, importée d’Afrique par les portugais, et cultivées aux Îles Canaries.
Plus étonnant encore, un célèbre botaniste, Carl Linnaeus a réussi l’exploit d’en faire pousser en Suède (et de produire des fruits) vers 1730 !
Les premières tomates arrivent en Europe par l'Italie, vers 1550.

Mais ni l’un ni l’autre ne sont devenus des fruits couramment consommés au moment de leur importation.

 Les bananes sont régulièrement importées en Angleterre à partir de 1880 et l’importation massive ne semble dater que du 20è siècle, dans les années 30.

Quant à la tomate, son histoire est plus cocasse.
Elle est donc cultivée pour la première fois en Italie près de 100 ans après la banane, mais les italiens sont les seuls à oser la manger! En effet, la tomate acquière ailleurs la réputation d’être toxique.
Même en Italie, elle est couramment consommée seulement à partir du milieu du 18è siècle.
En France, sa consommation démarre vraiment vers 1890, lorsque des provençaux en font l’éloge dans la capitale.

Et pour conclure: si l'on dénombre aujourd'hui plus de 15.000 variétés de tomates dans le monde, et probablement une quinzaine largement consommées, il existe "seulement" autour de 1000 variétés de bananes


et... une seule est massivement consommée, la Cavendish.

Etonnant, non ?



https://www.nationmaster.com/nmx/ranking/tomatoes-production
https://aggie-
hort.tamu.edu/plantanswers/publications/vegetabletravelers/tomato.html

https://www.thespruceeats.com/history-of-bananas-as-food-1807565
https://southamptonstories.co.uk/story/the-banana-trade/
https://www.tomates-de-france.com/les-tomates/lhistoire-de-la-tomate/

https://press.princeton.edu/books/hardcover/9780691213422/the-man-who-organized-nature

https://www.ledevoir.com/plaisirs/jardinage/553997/a-chacun-sa-variete-de-tomate

https://planet-vie.ens.fr/thematiques/evolution/domestication/mille-et-une-bananes


samedi 6 mai 2023


 Acrylique sur Bois. 50 X 70 cm Copyright Jérôme Piroué. Mai 2023.

mercredi 8 mars 2023

Acrylique sur papier. 50 X 70 cm. Copyright Jérôme Piroué. Mars 2023
 

dimanche 26 février 2023

Acrylique sur panneau de bois. 50 X 70 cm. Copyright Jérôme Piroué. Février 2023
 

lundi 8 août 2022

 LE COÛT DE LA VIE (DANS UNE DES VILLES LES PLUS CHERES DU MONDE).




Une personne seule peut correctement vivre à Genève avec 3000 CHF par mois.
Loyer possible 1000 CHF (voir sur illustration. Une autre annonce, 1 deux pièces sur Gaillard(F): 950 CHF) ,
Bouffe mensuelle 300 CHF (un plat de pâtes, 1 tomate, 1 oignon, condiments, huile : coût total 1,50 CHF). Ajout de thon ou sardine : 1,50 CHF.
Ce plat ou une variante 2 fois par jour, 10 jours sur 30, il reste 240 CHF pour les autres jours pour respecter le budget choisi!
Habits : 100 CHF mensuels. Ou moins,  en passant par les friperies, les puces, les soldes.
Hygiène, lavage, soins basiques (aspirines, etc…) 50 CHF mensuels ?
Lectures : quotidiens gratuits, boîtes à livres, bibliothèques.  0 CHF
Internet : (on est déjà dans le luxe) : 25 CHF par mois ?
Téléphone portable : 25 CHF (500 CHF tous les 2 ans ?)
Transports en commun: 35 CHF par mois
Assurances et impôts divers : ?
Sans la dernière ligne on est à 1535 CHF par mois. Il doit bien rester 900 CHF ou plus pour les loisirs payants et les frais médicaux.
Dans ce calcul, la cigarette et l’alcool sont à bannir, mais bon : chacun fait comme il veut.
Je connais 1 personne en tout cas qui prétend vivre avec le minimum : elle paie 200 CHF par mois pour un garde-meubles dans une ville où elle n’aura vraisemblablement pas la possibilité de se rendre (manque de moyen et mobilité compromise), fume plus d’un paquet de cigarettes par jour et boit en tout cas une bouteille de vin aussi par jour. Elle commande aussi des plats tout prêts (plats assez chers + 20 CHF de livraison, il me semble) Mais elle n’a pas d’argent pour se soigner.
D’autres font des enfants alors qu’ils n’en ont pas les moyens.

Une bonne raison de faire le calcul de vie ci-dessus est la suivante : Si vous avez 65 ans, que vous recevrez 2500 CHF par mois d’AVS (ass. Vieillesse), c’est tout-à-fait suffisant pour vivre correctement.
Admettons maintenant que vous avez réussi à économiser pendant votre vie active ou que vous avez hérité et pas tout dépensé, un pactole de 350.000 CHF par exemple.
Celui-ci, à raison de 20 ans de vie autonome estimés (jusqu’à 85 ans), vous avez donc 1500 CHF mensuels disponibles en plus de votre Retraite. Au-delà de 85 ans (par exemple), vous serez soit pris en charge par les services sociaux ou pourrez prétendre à un séjour en EMS (maison de retraite).
Vous aurez donc un revenu de 4000 CHF au total avec une AVS à 2500 CHF + le 2è pilier et peut-être un 3ème. De nouveau tout-à-fait respectable.

J’ai fait ce genre de calcul dès que j’ai eu 45 ans, et ai découvert que si j’étais parti à la retraite dès ce moment-là (en 2005), j’aurais pu vivre grâce aux bénéfices du magasin que j'avais alors accumulés. Malheureusement, j’ai presque tout perdu entre 2003 et 2015.
C’est con, non ?

Un ami arguait récemment qu’il n’avait pas assez pour partir en retraite, et je lui ai sorti mon calcul, sans même lui proposer de s’exiler au Portugal ou en Espagne (moins chers) ce que font beaucoup de Suisse. Il était tout abasourdi.

Pour les non-suisses, faites votre propre calcul suivant les paramètres que j’ai indiqués. Ca vaut le coup d’y passer une heure ou deux.

Une infirmière portugaise de l’hôpital a acheté un terrain dans une station balnéaire, et y a fait construire des bungalows qu’elle loue aux touristes avec son mari qui réside déjà là-bas.
Esprit d’entreprise admirable, non ?
Dans ce même pays, j’ai croisé un retraité qui vivait à l’année dans un van aménagé avec son chien. Il voyageait un peu partout en Europe, dans le sud en hiver et plus au nord en été.

Ca m’a tenté.
Mais j’ai un chat en plus du chien, alors non.

                                               Alors, caravane ou pas?





vendredi 5 août 2022

  LA POUPEE QUI DIT OUI.


J’ai fait un rêve.
Je suis super beau et jeune, je suis pété de fric, je dors dans une chambre de palace. A l’étage supérieur, une jeune femme a corps de rêve se prélasse elle aussi dans un grand lit où je vais la rejoindre bientôt… Je me réveille graduellement. Dans un demi-sommeil, je me dis que ce rêve
de Bogoss est à ma porté et ça me remplit d’extase.
En émergeant un peu plus, je me rappelle que j’ai 63 ans. Ma libido n’est plus ce qu’elle était. Et puis, j’ai eu une maison en Drôme Provençale : je l’ai revendue parce que sa gestion me pesait et je n’avais plus beaucoup de plaisir à m’y rendre. De plus, j’y ai invité des amis et ça ne s’est pas très bien passé.
Je ne suis pas très séduisant et je ne pense pas non plus été un amant très talentueux. Je n’ai jamais apprécié les « coups » d’un soir. Encore moins les professionnelles. Ah, le mythe de la « Pretty Woman », il a bon dos !
Quant aux articles de luxe, c’est une chose qui ne m’a jamais intéressée.
J’ai eu une « belle bagnole » une fois, et en ai ressenti un plaisir très limité et très vite épuisé.

Au fur et à mesure que mon rêve se dissipe, il me parait de plus en plus étranger. Ce n’était pas mon univers.
Et là, la sensation de plaisir n’en devient que plus grande.
La morale, c’est que j’ai construit qui je suis aujourd’hui. J’ai accédé à une forme tout-à-fait acceptable de bonheur.
J’ai tenu une librairie pendant 33 ans qui a vraisemblablement apporté du plaisir à une grande quantité de clients et souvent à leurs enfants.
Je vis à présent à la campagne dans une modeste maison avec jardin, que je loue, avec responsabilités limitées et quasi aucun tracas. Moins que le minimum syndical.
Je me lève et me couche quand je veux, je fais des siestes autant que je veux : j’en ai besoin, mais je m’y suis résigné.
J’écris, je peins, je lis, je fais des longues promenades zen. J'ai une chienne que j’aime et qui m’aime sans doute, et une chatte qui ronronne quand je la caresse.

Pour la libido, j’ai perpétué un système qui m’a très bien servi jusqu’ici : je fantasme et je regarde des vidéos porno.
Il y a deux ans, j’ai croisé une jeune femme dans le bus qui m’a complètement « retourné ». On a discuté pendant 10 minutes pas plus et, avec le peu d’info que j’ai pu glaner, j’ai réussi à la retrouver sur FB (elle avait un prénom super pas commun) mais elle n’a pas répondu à mon invitation au contact.
Elle a dû croire que j’étais un vieux pervers : elle avait 26 ans. Et si je le suis ? Qu’importe. Je suis inoffensif. J’en suis convaincu, en tout cas.
J’ai pensé à elle, rêvé d’elle, espéré d’elle pendant des semaines.

Plus près de nous, j’ai flashé sur une chanteuse norvégienne de 23 ans, Sigrid. Pendant des mois, j’ai écouté ses chansons, regardé ses clips : quel bonheur, quelle jouissance !
En février dernier, j’ai eu l’occasion incroyable de la voir en concert à Lausanne. Avant de m’y rendre, la fonction « Fantasme » a tourné à plein régime.
J’ai imaginé qu’en plein show je ferai un malaise. On m’évacuait dans sa loge et, après le concert, elle venait prendre de mes nouvelles, elle me tenait la main, et je lui avouais tout et elle en était émue.
Ridicule ? Sans doute. Mais ce fantasme est encore présent en moi et il me suffit de l’évoquer, comme ici, et le plaisir resurgit.
En vrai, je n’ai pas perdu connaissance, et le concert a parfaitement répondu à mes attentes. Sigrid for ever ! :D

Quand au porno, il n’y a pas grand-chose à en dire : j’ai mes favorites et je fais régulièrement une fixation sur l’une ou l’autre.
Il y a des années, j’ai réussi à me convaincre que j’en avais croisé une chez Manor !
Rentré à la maison, j’ai vérifié, et ce n’était pas elle. Mais pas du tout, hein ! :D

Dans plein de domaines, projets de voyages, apprendre à voler, gastronomie, reprise d’une carrière, je me nourris de fantasmes, au point que je considère que je n’ai plus besoin de réaliser de rêves dans la réalité.
Steven Spielberg a expliqué son interprétation du film « A.I. ». Ce n’est pas la relation d’amour d’une mère pour son fils qui prime, mais l’onde d’amour qui transite de l’un à l’autre. La différence est subtile, mais je vis tous les jours avec ce principe métaphysique.

J’aime des rêves et ceux-ci me le rendent bien.



Sigrid n'attend que moi.

mercredi 20 avril 2022

Les mots ou expressions sympa, compliqués, désuets, etc.... (2ème partie)

 J'ai décidé cette fois-ci de m'en tenir à un thème.

Ahura Mazda (du vieux-perse 𐏈 𐏉 / Auramazdâ (« Seigneur de la Sagesse ») en persan اهورامزدا) est la divinité centrale de l'ancienne religion mazdéenne. Religion

eschatologie Étude des fins dernières de l'homme et du monde. Religion

orthopraxie nf. Désigne ce qui est en conformité avec les rites prescrits. Désigne une action, un geste accompli avec justesse selon le droite et la justice. Religion

pace Prison fort rigoureuse, où les moines mettaient autrefois ceux d'entre eux qui avaient commis quelque grande faute. On dit "in pace". (?) Religion

Salafisme mouvement religieux de l'islam sunnite, revendiquant un retour aux pratiques en vigueur dans la communauté musulmane à l'époque du prophète Mahomet et de ses premiers disciples — connus comme les « pieux ancêtres » — et la « rééducation morale » de la communauté musulmane. Religion

wahhabisme nm, courant islamique qui veut revenir aux sources de l'islam, c'est-à-dire qui veut que les musulmans vivent comme les musulmans vivaient au 1er siècle de l'islam. Religion

Discordianisme le Discordianisme fut conçu comme une religion parodique. Beaucoup d’observateurs extérieurs considèrent encore le Discordianisme comme tel, même si certains de ces adhérents peuvent le voir comme une religion légitime, ou comme une métaphore de concept philosophique Religion

Mercerisme une religion où l'individu cherche à ressentir la « Passion » d'un nouveau Christ, appelé Mercer, par le biais d'un appareil appelé boîte à empathie. Lorsqu'on y est connecté, l'on ressent violemment, jusqu'à en être physiquement affecté, le chemin de croix de Mercer, brutalisé et lapidé. Religion fictive guèbres adeptes de Zoroastre au XVIIIè Religion hyéronymite L’Ordre de Saint-Jérôme (en latin Ordo Sancti Hieronymi) est un ordre monastique de droit pontifical fondé en référence à saint Jérôme sous la règle de saint Augustin. C'est un ordre religieux lié principalement à l'Espagne et partiellement présent au Portugal. Religion Mazdéisme une religion de la Perse antique qui doit son nom à son dieu principal, Ahura Mazda. Le livre sacré du mazdéisme est l'Avesta. Le mazdéisme a été la religion officielle des empires perses mède, achéménide, parthe et sassanide. Il s'articule autour de l'opposition entre Ahoura Mazdâ, « Le seigneur Sage », et les démons, dont Angra Manyou, « L'Inspirateur Maléfique », est le chef. C'est cette opposition dualiste qui fonde la cosmologie, l'activité rituelle et la fonction royale1. Religion profès vœux religieux sont l'engagement public par lequel un homme ou une femme promet de suivre les préceptes d'une religion. Un jeune profès. Une jeune professe. Religion Zerdust En kurde moderne, le nom de Zoroastre prend la forme de Zerdüşt ou Zerdeşt. Religion



lundi 18 avril 2022

Les mots ou expressions sympa, compliqués, désuets, etc....

J'ai commencé à établir une liste de mots sympas, compliqués (etc...) avec leur définition et une catégorie à laquelle ils se rattachent (Médecine, Animaux, Langues, etc...). J'en ai catalogué plus de 1000 jusqu'à présent. En voici  une première livrée.

Acouet nm. L'énergie, le dynamisme. Dis-voir, tu n'as pas tant d'acouet ce matin, t'as encore fait la bringue hier soir ? Vaudois

alguazil nm. « policier » de l'arène pendant la corrida, diminutif de l'espagnol alguacil, officier de justice. Profession

Aliboron nm. sot qui croit tout connaître Insulte

amblypyge nm. un ordre d'arthropodes de la classe des arachnides. Animaux

Anacoluthe nf. Figure de style, Rupture ou discontinuité dans la construction d'une phrase. Langage

Archimandrite nm. dans les Églises de rite byzantin et notamment l'Église orthodoxe, un titre honorifique accordé aux higoumènes (supérieurs de monastère) ou aux recteurs (curés) de paroisses importantes. grade religieux

arsenocoque nm. homme qui partage son lit avec d'autres hommes Sexualité

Barjaquer verbe. Connotation plutôt féminine du bavardage. Vaudois

Bokononisme nm.  religion du prophète sanlorenzien Bokonon (Lionel Boyd Johnson) dans le roman Le Berceau du chat de Kurt Vonnegut Jr., publié en 1963. Religion

branler au manche Verbe. Quelqu'un dont la place est instable. Vaudois

Deutéronome nm. cinquième livre de la Bible hébraïque ou Ancien Testament et dernier de la Torah (le Pentateuque chrétien) ou comme le premier livre de l'historiographie deutéronomiste. Livre

Folliculaire Mauvais journaliste Ecrivain

foutriquet nm. personne insignifiante insulte

glomérule nm. Botanique:Inflorescence composée d'un ensemble dense de fleurs sessiles. Anatomie: Amas vasculaire, glandulaire ou nerveux. Anatomie

Idiophone nm. instrument de musique de la famille des percussions dont le son est produit par le matériau de l'instrument lui-même, lors d'un impact produit soit par un accessoire extérieur (comme une baguette), soit par une autre partie de l'instrument (comme des graines sur un filet qui l'entoure ou des battants de cloche). Le son une fois émis dans cet instrument auto-résonnant s'entretient lui-même pendant un certain temps. Musique

méconium nm Matière pâteuse brunâtre accumulée dans l'intestin du fœtus et qui constituera les premières selles du nouveau-né. Médecine

métempsychose nf. Doctrine selon laquelle une même âme peut animer successivement plusieurs corps (humains ou animaux). Philosophie

Oumuamua Nom propre. premier objet stellaire qui a été détecté pour avoir traversé le système solaire. Cosmos

Ourobouros nm. est un dessin ou un objet représentant un serpent ou un dragon qui se mord la queue. Il s'agit d'un mot grec ancien Objet, dessin

polycérate nm. animal avec plus de deux cornes. Animal

satrape nm.  protecteur du pouvoir (royaume), gouverneur d'une satrapie, c'est-à-dire une division administrative de l'empire achéménide (Perse), du royaume de Macédoine et de l'empire séleucide. Il est le représentant direct du roi dans une province, où il exerce toutes les prérogatives royales1. Personne

Zoroastre Nom propre. Aussi Zarathushtra ou Zarathoustra ou Zerdest est un « prophète », fondateur du zoroastrisme. Religion.



Zarathoustra



vendredi 4 mars 2022

Note au lecteur: ce texte a été rédigé avant "Michel & Tom Tirabosco: Dessine-moi un concert." Il en éclaire certains aspects.

 

LES GRANDES ETAPES DE LA VIE


Entre la naissance et 18-20 ans en gros, nous subissons le phénomène du développement physique et intellectuel accéléré. Nous emmagasinons toutes les connaissances de base, à travers l’éducation, les écoles, l’université, les apprentissages… Nous sommes aussi en général matériellement passifs : nous vivons sous la protection et la dépendance de notre famille.

Puis  le processus de croissance s’interrompt.
Nous sommes à ce stade au maximum de nos capacités sexuelles, physiques et intellectuelles.
Nous faisons nos premières expériences sentimentales et émotionnelles intenses à partir de 13-14 ans, et elles vont ensuite se poursuivre jusqu’à un point de saturation et finalement de lassitude, et la place qu'elles occupent dans nos existences se réduit.
J'en conclus que la maturation se fait à travers la capacité de l’adulte à graduellement mieux maitriser ses émotions, et aussi à en relativiser leur importance par leurs répétitions.
Il en va de même pour les élans amoureux que pour la détresse face à la perte d’êtres chers : avec le temps et la répétition de ces expériences, on s’y fait, on accepte et dans certains cas au moins, on apprend à en voir les bons côtés.

Deux exemples frappants pour moi : vers 30 ans, ma grand-mère maternelle, Helen de Lustrac, alors très âgée, est décédée.
A cette occasion, j’ai réfléchi pour la première fois à l’impact de la disparition d’un être plus ou moins proche sur son entourage.
J’ai très vite pensé que sa disparition allait générer une nouvelle réalité, une réalité sans Helen de Lustrac.
Il était tout-à-fait probable que celle-ci en serait enrichie.

Et, effectivement, dans les mois qui ont suivi, certaines choses ont changé dans la famille.

La maison où elle nous accueillait au Pays Basque est passée sous le contrôle globalement bienveillant de son fils, mon Oncle Arnaud. La qualité des repas a certes baissé, mais sous l’impulsion d’une cousine, nous avons commencé à manger midi et soir sur une terrasse plutôt que dans la salle à manger, l’intendance s’est organisée différemment, nous avons les uns et les autres pris un petit peu plus de responsabilités dans le fonctionnement de la maisonnée. Pas beaucoup, mais… les choses ont changé.

Quelques mois après le décès de ma grand-mère est survenu un drame qui allait m’affecter beaucoup plus profondément et durablement.
Une femme que j’avais beaucoup aimée, Anita, a eu un accident qui lui a laissé des séquelles au cerveau et l'a rendue totalement aveugle.
Elle n’était déjà plus à cette époque « mon Anita », elle en avait même épousé un autre. Mais cet évènement m’a profondément et durablement bouleversé.
J’étais inconsolable.

Elle n’était pas décédée, et elle s’est à la longue plutôt bien adaptée à ses handicaps, mais ce n’était plus vraiment celle que j’avais connue et aimée auparavant.
J’ai eu beaucoup de mal à appliquer ma philosophie de la Nouvelle Réalité sur ce drame, mais celle-ci s'est graduellement imposée, forgeant l'individu que je suis à présent.
J'ai par exemple décidé que plus jamais je ne succomberai aussi absolument à un sentiment amoureux, car perdre l’être aimé était vraiment trop douloureux.
J'ai donc moins aimé.

Et puis, le temps a passé, j’ai aussi vieilli, mes hormones me stimulant moins.
Le spectre de la demi-perte d’Anita ne m’a pas quitté.
J’ai recommencé à la fréquenter, mais comme ami et soutien plutôt que comme amant.
Cette situation a aussi, je pense, compliqué mon deuil sentimental.
J’ai surtout vieilli.

Par la suite, j’ai eu plusieurs autres « conquêtes », mais jamais pleinement satisfaisantes, jamais à la hauteur de mes attentes.
Et à chaque nouvelle fois, je me décourageais un peu plus, jusqu’à ce que je décide « plus jamais ».
J’ai maintenant 62 ans, je n’ai plus eu d’autres histoires intimes depuis plus de 17 ans, pas eu d’enfants, jamais été marié.
Ces éléments font qui je suis aujourd’hui, plutôt que la personne que j’ai fantasmée être quand j’avais 15 ans.
Je revisite souvent cet ado avec beaucoup de nostalgie, mais ce n’est que de la nostalgie. Une petite larme, un accès de chaleur, et puis je reviens à la réalité.
Une réalité en demi-teinte aussi parce que je n’ai clairement plus les mêmes capacités intellectuelles ou physiques que lorsque j’avais 25-30 ans.
Je fatigue dès que je dois faire des opérations mathématiques un peu complexes, prévoir des programmes à plusieurs composantes, faire plus que deux ou trois choses importantes dans la journée et je ne sors presque plus le soir.

Si j’ai un message à donner aux plus jeunes générations, il est très clair : vous avez toutes vos capacités : 2 bras, 2 jambes, tous vos sens, un cerveau qui carbure, profitez-en et exploitez-les au maximum. Entretenez-les aussi avec une bonne hygiène de vie.
Et si vous avez moins de 30 ans, hâtez-vous ! La vie n’attend pas. Vous allez certainement ressentir bientôt les premières caresses de la Nuit, et vous aurez beau faire du jogging, des exercices intellectuels, vous ménager ou prendre du Viagra, vous ne pourrez rien empêcher.

La Nuit tombe vite.




En Septembre 2015, je découvre la peinture acrylique. Celle-ci date de Janvier 2016.

jeudi 3 mars 2022

Michel & Tom Tirabosco: Dessine-moi un concert.


Pour la 1ère fois depuis des mois… depuis plus de deux ans, je suis allé au spectacle !

Ma première motivation était de voir Michel Tirabosco jouer de la flûte  avec son frère Tom au dessin sur scène, encore plus motivé par la proximité de l’évènement : la Salle des Fêtes de Thônex. Une demi-heure à peine à pied de chez moi, un peu moins si je parvenais à prendre le bus 34, de passage toutes les 30 minutes.
Mais juste avant de partir, catastrophe ! Ce n’est pas à Thônex que ça se passe, mais à Onex, à l’autre bout du canton !!!
C’est juste trop tard pour le bus, j’appelle donc un taxi, et j’y devrais y être avec au moins 15 mn d’avance.
Seulement, le taxi n’arrive pas, où à une heure où j’aurai presque forcément du retard.
Mais, miracle, j’y arrive, même si je suis mal placé. Je suis assis tout derrière, et avec ma myopie, je me fatigue vite à essayer de déchiffrer les dessins. Mais j’y arrive.

C’était objectivement très très bien : Michel, accompagné d’un sextet, joue divinement, ses musiciens aussi assurent à merveille et les dessins de Tom qui apparaissent graduellement sur un écran pendant les morceaux, c’est magique.

Mais voilà, entre ma fatigue légendaire à assister à des spectacles (j’avais tellement oublié), le son un peu trop fort à mon goût et les maudits applaudissements, je suis assez rapidement passé en mode critique.
Premier morceau : « The Piano » de Michael Nyman (non crédité) et après coup, Michel l’annonce comme « La Pianiste » ! Mais non, bordel ! :D (En français, le film s'appelle "La Leçon de Piano:)
Mais surtout, dès les premières notes, Tom nous gratifie…d’une réinterprétation d’une image du film (je viens de vérifier). Donc, il n’improvise pas sur la musique et pas ne compose pas forcément un dessin original. C’est étudié, préparé, sûrement répété.
Je ne le sais pas à ce moment-là, mais à chaque morceau qui passe, ça se confirme : il commence à composer son tableau dès les premières notes et surtout…. Il le termine pile à la fin de l’œuvre jouée !
Trop fort :D

Mais bon, personne n’a dit qu’il improvisait : je suis juste un peu déçu de le constater.
Suivent du Vaughn Williams. du Bartòk et du Rachmaninov (l’un sur un très bel appel à la paix dessiné avec une sensibilité proche de Chagall), trois compositeurs que j’aime beaucoup, et surtout une interprétation étonnante du sublime « Gabriel’s Oboe » (sans haut-bois, héhé…) tiré de « Mission » de Morricone. Le moment le plus faible de la soirée : « Les Aristochats » de Floyd Huddleston et Al Rinker (simplement crédité à "Disney" qui n'était pas musicien et déjà mort lors de la production du film; à ce moment, on crédite "Star Wars" à la Fox.). Ont suivis 2 tangos de Carlos Gardel (superbe dessin de clôture ! Je veux ! :D ) et finalement, un air traditionnel italien « Funicula Funiculi », mais là, j’étais complètement lessivé.

Dans le tram du retour, je me trouvais près de deux couples (+ ou – 25 ans) totalement enthousiastes face au spectacle auquel ils avaient assisté. Pendant 20 minutes, ils n’ont parlé que de ça. Ils avaient été super émus par le tout. Un des hommes avait plusieurs fois eu la larme à l’œil. Il y avait une fraîcheur dans leur élan qui me réjouissait.
Mon regard devait être prioritairement posé sur le visage d’une des femmes. Que dis-je, le visage ! Les yeux et l’ébauche de sa coiffure sur le front, rien de plus. Le reste était couvert par un maque et un bonnet, comme moi d’ailleurs.
A aucun moment je n’ai eu conscience de mon regard sûrement insistant.
A leur sortie, cet ange est passé tout près de moi, a plongé son regard dans le mien, et a chuchoté, juste pour moi, juste pour moi : « Au revoir ».
J’ai à peine pris acte de l’intensité de ce message. J’étais loin loin, en mode coma.
Mais une main dans mon esprit a saisi ce message et l’a fixé sur une paroi de ma conscience, avec une note : « Pour plus tard. »


Photo tirée d'un précédent spectacle de l'ensemble.

lundi 10 janvier 2022

L’APOCALYPSE DES ANIMAUX


Je suis végétarien depuis 2012-2013.
Deux fois depuis cette période, j’ai fait des « tests » pour évaluer à quel point la viande me manquait.
Il y a 2-3 ans, j’ai mangé une saucisse (de Vienne en Suisse ou de Francfort en France, authentique !). Ce n’était certes pas mauvais, mais ça ne m’a aucunement donné envie de continuer.
Et récemment une tranche de saucisson et, même chose que pour la saucisse, j’en ai mangé une portion et…. C’était salé, poivré et caoutchouteux, mais je n’ai pas eu la pulsion de persévérer.

Et ce constat m’a conforté dans ma certitude que l’argument des carnivores que « la viande, c’est trop bon » est faux.
En fait, la viande n’a pas de goût, ou si peu.

Croquez par exemple une tranche de steak crue sans assaisonnement. Est-ce bon ? Non.
Il m’est arrivé (il y a longtemps) d’en goûter. C’était totalement fade et assez écœurant.
Maintenant, croquez dans une tomate fraiche et de préférence en saison : c’est délicieux.
Voilà, fin de la démonstration.

J’imagine que des carnivores argueront qu’il faut manger la viande cuite. Mais là aussi, une tomate cuite, c’est aussi très bon, donc match nul sur ce point.

Un autre argument des carnivores est que la viande est indispensable pour ses protéines. Oui, sauf que les protéines, il y en a plein dans les lentilles. Cuites avec des oignons ou des carottes et un peu de moutarde, c’est un régal. Crues, j’avoue, c’est pas top.
Le chou est aussi très riche en protéine, ainsi que le brocoli, les petits pois, les haricots, l’artichaut, le cresson et le maïs. ( source Cnews)
Et si se dispenser complètement de viande était néfaste à la santé, vous ne pensez pas que les végétariens et les végans tomberaient comme des mouches ?


A l’inverse, la viande est-elle bonne pour la santé ?
Zut, encore loupé !

« Depuis les années 2010, de multiples études scientifiques ont été publiées concernant les effets néfastes de la viande sur la santé. Elle augmenterait les risques de maladies cardiovasculaires, de cancer, de diabète ou encore d'inflammation de l'intestin. »
(Top Santé.)

Pour l’environnement alors ?
« (Le bétail) représente la première source d'émissions de CO2 sur la planète, devant les transports. » (CNews)

Le bétail est aussi beaucoup plus gourmand en eau potable que l’agriculture.
Ainsi, le bœuf est 50 fois plus gourmand en eau que les pommes de terre !
Bon, pour être parfaitement juste, les noix nécessitent plus d’eau que les porcs et la volaille. Etonnant, non ?
Mais qui se nourrit prioritairement de noix ? Pas grand monde.
(Source : Nutritionniste urbain.)

Pour le porte-monnaie ?
En prenant comme base mon supermarché habituel, 1kg d’émincé de bœuf coûte 46,50 CHF. L’entrecôte est à 100 CHF le kg !
Le kilo de carottes est 1,90 CHF. Les lentilles à 5,90 CHF.
Si l’on compte qu’il faut environ 200 gr de viande (entrecôte 20 CHF) et environ 70 gr de lentilles (60 ct) pour faire une portion, heu, comment dire ?


Un dernier argument que j’ai lu, c’est qu’abolir la consommation humaine d’animaux d’élevage provoquerait leur disparition.
Donc, pour que des espèces continuent à se reproduire, il faut les tuer.
Vraiment ?
D’abord, on n’envisage pas ici d’abolir la consommation d’animaux, mais de la réduire considérablement.
Et ensuite, si on n’en mangeait plus du tout, il fait sens que les animaux ne sauraient peut-être pas se défendre dans la nature dans un premier temps.
Mais voyez les bisons, les buffles, les zèbres, tous des herbivores « sans défenses » se débrouillent très bien sans notre aide.
Il suffirait donc de garder ses ex-animaux d’élevages dans des parcs à l’abri des prédateurs, humains compris, et les réintroduire graduellement dans leur habitat.

Si on demandait aux poules, aux bovidés, et aux cochons leur avis sur cette question, je pense qu’ils voteraient en masse pour la fin de leur massacre organisé.

Alors, les carnivores, quand commencez-vous à vous sevrer ?





https://www.cnews.fr/nutrition/2021-11-15/ces-7-legumes-riches-en-proteines-1034139

https://www.topsante.com/nutrition-et-recettes/les-bons-aliments/viandes/manger-de-la-viande-un-danger-pour-la-sante-625836

https://www.cnews.fr/monde/2020-07-22/la-consommation-de-viande-premiere-cause-du-rechauffement-climatique-725924

http://www.slate.fr/story/169116/que-deviendraient-animaux-ferme-arreter-manger-viande-societe-antispeciste-post-elevage

https://nutritionnisteurbain.ca/infographiques/combien-deau-est-utilisee-pour-produire-les-aliments/